Les chemins escarpés de l'Union

L’Europe OUI ou NON

 

 

Le but de cet exposé est de constater la lente ascension de l’Europe vers son unité, conséquence d’un scepticisme assez répandu. Peut-on encore mettre en doute le bien-fondé de l’existence de l’EU  ? Doit-on 10 ans après le NON français se reposer la question  : l’Europe OUI ou NON  ?

Il ne s’agit pas de se tourner vers le passé. On ne regarde pas dans le rétroviseur pour construire l’avenir. Alors à quoi bon reparler du Non français  ?
Mais appartient–il au passé  ? Non.
Avec les derrières élections en mai 2014 un tiers des députés français représentés au Parlement Européen appartiennent à des partis europhobes qui n’ont d’autre ambition que celle de défaire l’Union européenne. Ils profitent sans état d’âme de la manne de l’UE pour leur frais de fonctionnement au Parlement au profit de leur propagande de politique intérieure. Un autre exemple récent interpelle, les élections britanniques. Les conséquences de cette propagande antieuropéenne qui se dégagent des résultats, laissent apparaître que ce n’est plus un problème simplement britannique mais bien européen.

Le dixième anniversaire du NON dévoile un passé qui ne veut pas passer.


Le NON français du 29 mai 2005 au Traité constitutionnel a été un séisme qui a secoué non seulement la France et l’Europe mais le monde entier. Pourtant s’inclinant devant le verdict des urnes, aucun homme politique en charge de ses responsabilités n’a fait le bilan des conséquences en série qui ont accablé la France et l’Europe. La nation entière s’est inclinée devant un contresens qui persiste à faire croire que la force du nombre prévaut sur la raison et l’analyse. Les effets négatifs ont conduit à des séries de crises qui obligent à remonter inlassablement la pente par des sentiers de plus en plus escarpés.

Les secousses internes et européennes ont été immédiates. Le premier ministre Jean-Pierre Raffarin a démissionné. Les médias se sont bien gardés de le relier ce refus français aux évènements calamiteux en cascade qui ont suivi le référendum. Ils ont préféré donner les paroles aux détracteurs acharnés sans programme d’avenir. Le Président Jacques Chirac s’est empressé de promettre une politique plus nationaliste et de défendre les intérêts nationaux dans le cadre de la PAC. Les hommes politiques qui s’étaient investis dans la rédaction du traité ont disparu de la scène tel qu’Olivier Duhamel, député socialiste qui s’était fortement investi au côté de Valéry Giscard d’Estaing dans l’élaboration de ce Traité.

L’Allemagne a perdu avec la France un partenaire de poids et a pris le parti de protéger ses intérêts loin du désordre généralisé. C’est pourquoi son Chancelier, socialiste, ardent défenseur du Traité constitutionnel, s’est retiré à l’occasion d’élections régionales qui ne lui étaient pas favorables, laissant le pays durant quelques mois sans gouvernement dans l’incertitude d’une longue campagne électorale pour retrouver un autre Chancelier qui sera une Chancelière. Pendant ce temps Gerhardt Schröder répondait aux offres de Vladimir Poutine et acceptait le poste de Président directeur général de Gazprom que lui proposait fort astucieusement le chef du Kremlin. En échange d’un lourd investissement financier, l’Allemagne était assurée d’une alimentation en gaz naturel. La tactique de Poutine ne consistait pas seulement en un succès commercial, il s’agissait de mettre à mal la solidarité européenne en faisant passer le gazoduc par la mer Baltique, évitant ainsi les anciens satellites soviétiques.

L’élan d’espoir que portait le projet constitutionnel avait fait anticiper tous les pays du monde qui voyaient dans l’Union européenne les prémisses d’une organisation de coexistence pacifique entre les peuples à l’échelle planétaire. Dès le mois de juin 2005 Téhéran a compris qu’il n’y avait rien à craindre de la troïka Berlin-Paris-Londres qui négociaient au printemps 2005 avec Téhéran pour calmer les ardeurs de l’islamiste radical négationniste, Mahmoud Ahmadinejad, décidé de se doter des armes nucléaires et de leur utilisation  à savoir détruire l’Occident, avec ses juifs, ses laïcs, ses femmes libérées. Il a fallu dix ans d’efforts pour calmer les tensions et voir l’Iran envisager l’avenir d’une façon plus raisonnable.

Le 28 novembre 2005 au sommet de Barcelone, processus engagé par l’Union, en 1995 pour créer un espace de paix sur l’ensemble du bassin méditerranéen, les 25 chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE se sont trouvés à Barcelone sans qu’aucun chef d’Etat des pays de la rive Sud ne se soit déplacé en dehors de Mahmoud Abbas  de l’Autorité palestinienne ! L’Europe n’était plus. Elle n’est plus prise au sérieux, elle n’existe plus sur le plan international. Comment pourrait–elle sans aucune reconnaissance de ses citoyens  ? Le résultat aujourd’hui, l’Europe est inexistante  au Moyen Orient ; dans ce chaos les deux anciennes puissances essaient de faire avancer leurs pions, tandis que l’Europe concentre ses efforts sur la lutte antiterroriste et cherche à se calfeutrer face à l’afflux de réfugiés sans plus pouvoir agir sur les causes.

Dès le rejet du Traité Constitutionnel, on a vu comment les Russes ont habilement manœuvré non pas dans le sens de l’intérêt général comme le faisait le fondement de l’action européenne qui a conduit à l’unification miraculeuse d’un continent réduit en cendres par les guerres, mais d’après la volonté de puissance qui fait du plus fort le maître.

A l’automne 2005 donc 3 mois après le Non, Poutine a exercé son despotisme sur l’Ukraine et sur  ...l’Europe. La Révolution orange, espoir qui a éclos en 2004 au moment où leschefs d'État  et de gouvernement  de l'Union Européenne  signèrent le29  octobre  2004 letraité établissant une constitution pour l'Europeaussi appelétraité de Rome Après le blocage de la ratification par les Françaiss’évanouit. Poutine rappela à l’ordre l’Ukraine. Après avoir coupé les robinets de gaz, l’Ukraine a dû s’incliner devant la Russie et accepter des prix exorbitants, déséquilibrant son développement économique. L’intimidation ne s’est pas arrêtée là. L’Italie a essuyé les conséquences avec une coupure de gaz en plein hiver, il a fallu d’urgence se rabattre sur les réserves et prévoir les restrictions de chauffage. La Hongrie a dû subir de plein fouet cette dépendance à l’égard de la Russie. Les livraisons ont été réduites à la Pologne, la Roumanie, la Hongrie, les États baltes et la Bulgarie, qui ont vu leur contrat bafoué. La Russie a montré quel était l’État fort sur lequel on devait compter désormais. On connaît la suite de l’histoire  : l’annexion de la Crimée et la guerre aux frontières de l’Europe.

Le 26 janvier 2006 à Madrid est marqué par le moment le plus crucial de l’isolement de la France qui s’était mise sur une voie de garage par le NON - lorsque tous les chefs d’Etat et de Gouvernement qui avaient ratifié et ceux qui voulaient le faire, s’étaient réunis pour chercher sans la France le moyen de faire sortir l’Europe de l’ornière.

Ainsi on comprendra mieux pourquoi Nicolas Sarkozy, à peine élu, se précipita à Berlin pour proposer de mettre sur pied un nouveau traité rectificatif du Traité de Nice, modifiant les institutions pour les rendre opérationnelles au 1° janvier 2009. L’idée fut acceptée avec soulagement par les 25 pays partenaires de l’UE Ce fut la Présidence portugaise qui réussit la mise au point de ce Traité, signé par tous les chefs d’Etat et de gouvernement le 13 décembre de la même année 2007 auquel on donna le nom de Traité de Lisbonne. Il fallait bien aboutir à un nouveau Traité pour rendre possible sa mise en son application dès le 1° janvier 2009, date à laquelle le Traité de Nice était caduque. Le Traité de Nice avait été lui-même un traité transitoire car on n’avait pas eu le courage de tracer la voie vers une Union politique. C’était un traité de fonctionnement. Ainsi l’Europe était-elle bloquée. Ce n’était pas une trahison de la sacro-sainte volonté populaire mais une nécessité absolue pour maintenir l’UE debout. Les chefs d’États et de gouvernement s’y sont attelés face à l’urgence dans l’intérêt de tous. Il fallait se rendre à l’évidence et enterrer définitivement le Traité constitutionnel.

Le Traité, dit Traité de Lisbonne, est un Traité modificatif des Traités précédents. Il ne s’agit en aucune manière d’une Constitution dont n’ont pas voulu les Hollandais parce qu’elle était trop sociale, les Français parce qu’ils la jugeaient trop libérale. Selon le processus habituel d’intégration européenne, il s’agit d’un traité international signé par les responsables des gouvernements pour répondre aux urgences actuelles. Ce sera un «  Nice plus  ». Le concept de nation embelli fait barrage à une vision commune. Ebranlée sur la scène internationale, secouée par la flambée des nationalismes, paralysée par des institutions inadaptées aux exigences actuelles, le Traité de Lisbonne fut défini selon 3 axes : assurer l’existence de l’UE sur la scène européenne, garantir l’évolution démocratique selon les préceptes des Pères Fondateurs et donner à l’Europe la capacité de se gérer à l’échelle d’un continent.

Pour répondre au premier point, il s’agissait de doter enfin le géant économique qu’est l’UE, de la personnalité juridique, c’est-à-dire de la faire exister sur la scène internationale. Pour donner un visage à l’Europe, un Président élu par le Conseil européen, pour un mandat de 2 ans et demie, renouvelable une fois. Nommé par le Conseil Européen, investi par le Parlement européen, il est Vice-président de la Commission européenne et préside le Conseil des affaires étrangères du Conseil des Ministres. Le Parlement devient co-législateur avec le Conseil européen. Dans le même esprit, le Président de la Commission européenne, proposé par le Conseil Européen, est investi par le Parlement, lui-même issu du suffrage universel. L’Interaction triangulaire entre les grandes institutions européennes, Commission européenne, Conseil des ministres et Parlement est renforcée

Le rejet du traité constitutionnel a conduit à l’intergouvernementale, c’est-à-dire au marchandage entre les États. Le Traité de Lisbonne, même s’il a renforcé les Institutions, s’éloigne de l’esprit européen. Fi du drapeau étoilé, fi de l’Hymne inspiré de l’hymne à la joie de Beethoven, effacée  la devise européenne pour satisfaire les Anglais. La Charte des Droits fondamentaux n’est pas incluse dans le Traité, on lui confère une valeur juridiquement contraignante sauf pour la Pologne et le Royaume-Uni  ! Rebaptisé le ministre des affaires étrangères en Haut Représentant à la demande des Britanniques pour empêcher le caractère supranational de cette institution qui ferait ombrage au Foreign office. Ainsi la Britannique Catherine Ashton, nommée à ce poste, mit en place une vaste administration représentée dans le monde en prenant soin toutefois que les diplomates français n’obtiennent pas des représentations là où ils auraient eu du poids comme par exemple au Maghreb. Mais au fond que pèse aujourd’hui le fameux Foreign Office  sur la scène mondiale  ?

La loi de l’unanimité demeure dans les domaines les plus importants  : pour la politique étrangère et de sécurité commune (PESC), la politique sociale et la fiscalité, le financement de l’UE, toute nouvelle adhésion à l’UE, l’octroi de nouveaux droits aux citoyens de l'UE).

Pour conserver le caractère collégial de la Commission, le Traité de Lisbonne prévoyait qu’à partir du 1er novembre 2014 la Commission serait composée d’un nombre de membres correspondant aux 2/3 du nombre d’Etats membres. Pour satisfaire l’Irlande qui avait rejeté le traité dans un premier temps, on a fait en sorte que le nombre de commissaires reste égal à un par Etat soit 28 à l’heure actuelle.

Malgré la création du poste de président du Conseil Européen, le traité de Lisbonne a maintenu la présidence tournante du Conseil de l’Union Européenne qui travaille en coopération avec celui-ci.
Après la dégringolade, on remonte la pente, difficilement en rabotant toute réforme d’envergure. On sauve les meubles mais le chemin est encore long à parcourir pour rendre l’Europe opérationnelle. En plus de l’accumulation des exceptions, Les Anglais prennent les commandes des postes à Bruxelles les plus importants, tandis que la France, qui considère qu’il est politiquement correct de se désintéresser de l’Europe, n’envoie que des personnalités que l’on veut écarter de la compétition nationale. Devant ce succès la Grande-Bretagne persévère, elle veut tout renégocier, tout en gardant les commandes pour orienter l’Europe selon ce qu’elle croit être ses intérêts...

On a paré au plus pressé. Mais en cas d’évènements graves l’Union Européenne est-elle en mesure d’y faire face  ?

La tempête est venue de l’autre côté de l’Atlantique, brutale, violente. L’Europe au milieu du gué n’est pas apte à faire face à une crise majeure. La zone €uro a été ébranlée jusque dans ses fondements. Il a fallu beaucoup d’énergie, des prises de positions courageuses pour ne pas sombrer dans le cataclysme de la crise de 1930. Des titres bancaires à haut rendement comprenant des subprimes à risque  s’étaient infiltrés dans les banques de toute la planète, mêlés à des obligations, on croyait l’investissement sûr. En effet, les banques américaines avaient accordé des prêts à fort taux d’intérêt à des Américains non solvables, désireux d’acquérir une  maison  ; s’ils ne pouvaient pas rembourser, la banque récupérait le bien. Or l’impossibilité massive de rembourser entraîna la perte de valeur marchande de ces biens immobiliers et mis les banques  en faillite; la contagion s’étendit aux 4 coins de la planète.

En Europe, l’Espagne a été ruinée par la bulle immobilière, l’Irlande par la spéculation. La Grèce avait vécu sur un grand pied avec une dette gérée dans l’intérêt d’une banque américaine, le danger d’une dislocation de la zone euro apparut au grand jour. On essuyait les conséquences de l’inachèvement de l’Union économique et monétaire (UEM), prévu par le Traité de Maastricht, c’est-à-dire la création d’une monnaie unique sans la mise en place d’une gouvernance économique. Pour éviter la banqueroute, les Etats ont dû financer les banques en faillite. On a découvert alors l’ampleur des dettes souveraines. On se trouva dans la situation insolite où l’€uro, 2° devise planétaire, expression de la richesse économique de l’UE, était orpheline, faute de coordination et d’intégration économique. Sous la pression des marchés la zone euro parait sombrer avec toute l’Europe.

La Grèce qui représente 2% du PIB européen et sa dette seulement 4 % de la dette de la zone euro a fait trembler la monnaie unique remise en cause dans son existence même, du simple fait de la succession de tergiversations politiciennes intervenues au-delà de toute rationalité économique. Pour éviter que le bateau ne coule il a fallu au soulagement de chacun, mettre en œuvre des instruments qui renforcent le caractère fédéral de certaines institutions, seuls capables de faire face à la menace. Cette crise scelle l’échec de l’Europe intergouvernementale.

Face au danger, on prend des mesures d’envergure

-Le 9 mai 2010 on voit naître le Fonds Européen de Stabilité Financière (FESF) ou Fonds de secours européen. C’est unfonds de stabilisation garanti par les États, approuvé par les 27États membres  de l'Union européenne  . Le FESF constitue une assistance financière aux États en difficulté de la zone €uro capable de lever 750 milliards d’€uros. Ainsi une aide commune UE /FMI  a-t-elle pu être octroyée à destination de l'Irlande, s’élevant à 44,5 milliards

- Le 6 septembre 2012 Mario DRAGHI, Président de la Banque Centrale Européenne, face à la menace des marchés prenant un peu de distances avec les Traités, annonce, que la BCE pourra acheter sans limite les dettes des pays en difficulté. C’est un évènement majeur, un acte politique qui voit s’éloigner d’un coup les tentatives de déstabilisation de la zone €uro.

-Le 12 septembre 2012, nouveau bond en avant. La Cour Constitutionnelle de Karlsruhe approuve la création du MES, Mécanisme Européen de Stabilité et le Pacte Budgétaire.

-Signé le2  mars  2012, le Traité sur la stabilité , la coordination et la gouvernance (TSCG) est entré en vigueur le1er  janvier  2013. Il propose un calendrier de convergence aux États signataires vers l’union économique et monétaire.

L’Europe s’est ressaisie et a mis sur pieds une série de réformes audacieuses. Le Commissaire européen Michel BARNIER, propose une Union bancaire pour briser leentre défaillances bancaires et crises des dettes souveraines au sein de la zone €uro. Avec l’Union bancaire on s’achemine vers des structures fédérales destinées à renforcer le noyau économique européen. Elle repose sur trois piliers  en trois étapes : une supervision unique dudans la zone euro, mise en œuvre dès 2014, un mécanisme unique de résolution des crises en 2015 et enfin l’assurance commune des dépôts. Ainsi dès 2016, les risques deseront-ils anticipés, les conséquences maîtrisées, et la protection des déposants, des contribuables et des finances publiques enfin assurée. Dans l’immédiat en cas de problème c’est le mécanisme européen de stabilité qui interviendrait. Les méfaits de l’intergouvernementale sont rectifiés par des décisions de caractère fédéral qui n’ont pas d’équivalent dans le monde ni dans l’histoire

L’UE est un ensemble d’Etats qui ont entrepris une aventure commune, vivre ensemble malgré leurs disparités et construire un avenir commun. Lorsqu’on envisage un programme conçu dans la perspective européenne, les résultats sont fulgurants. Il en est ainsi de l’Agence Spéciale Européenne, ASE ou ESA European Space Agency, fleuron de la réussite de l’Union Européenne. Elle est née en 1971 de la volonté de la France de coordonner les voix discordantes des pays européens dans le domaine spatiale pour exister entre les Etats-Unis et l’URSS. Mais contrairement aux 2 superpuissances, l’ESA est conçue, comme l’est la construction européenne, dans une perspective uniquement pacifique au profit de l’Homme. Riche de son unité pour ce projet ambitieux, l’Europe s’est imposée dans l’espace. Malgré un budget bien inférieur à celui de la NASA, l’ESA continue de faire des avancées spectaculaires, telles l’amarrage du ravitailleur spatial «  Jules Verne  », l’ATV (Automated Transfer Vehicle) à l’ISS (Station Spatiale Internationale ou International Space Station) en avril 2008. A 510 millions de kilomètres de la terre la sonde spatiale Rosetta a déposé il y 6 mois son atterrisseur Philae sur la comète Tchouri

Les citoyens sont si peu conscients de leur identité européenne que certains ont peine à croire que la NASA n’y était pour rien! Quant aux Marseillais ils ignorent que la vieille cité phocéenne participe à des projets spatiaux. La COMEX est chargée, en effet, de la future maison martienne aérotransportable. Le laboratoire d’Astrophysique de Marseille à Château Gombert participe activement aussi à la mission sur Tchouri. C’est là qu’a été conçue et fabriquée la caméra sur Rosetta qui envoie ses photos sur la terre.

Les exemples reflétant le prestige de l’Europe sur le plan mondial ne manquent pas. Évoquons encore Airbus, qui fabrique plus de la moitié des avions de lignes. Le groupe industriel européen est l’un des champions mondiaux du secteur aéronautique, concernant les avions de ligne, les hélicoptères, les avions militaires  ; il participe à la fabrication des lanceurs spatiaux, des satellites, des missiles, des avions de combat. Avec plus de 144  700 salariés, il atteint un chiffre d’affaires de 56 milliards d’Euros.

 

L’Europe  ? Vous avez dit Europe  ? Oser poser la question OUI ou NON est une aberration. L’Union Européenne «  est ». L’empêcher d’avancer rend les chemins vers l’Union toujours plus difficiles et dangereux. L’Europe est un rêve fou, aussi fou que la conquête de l’espace, une utopie pourtant qui se transforme aussi en réalité et tisse les liens de l’unité. Mais en l’absence de volonté politique sous la pression de citoyens blasés, l’Europe stagne. L’euroscepticisme l’oblige souvent à avancer au coup par coup après avoir été soumise à rude épreuve.

Porteuse d’un projet d’avenir sur le plan économique scientifique, social et politique, elle n’est pas une idéologie réductrice, mais un idéal qui éclaire un chemin à gravir vers un but sans cesse perfectible. Pour l’atteindre, il faut aiguiser son sens critique pour ne pas tomber dans le piège du populisme et soutenir les dirigeants conscients de la grandeur de leur tâche. Il est important pour renforcer ses convictions de connaitre le rôle prééminent de la France, inspiratrice de l’Europe. Elle l’a fait naître, elle est souvent à l’origine des projets les plus ambitieux. Un Français anti-européen est un citoyen qui ne connait pas l’histoire de son pays.

L’Europe peut fonctionner sans la France, mais elle n’avancera qu’avec la France.

Monique Beltrame

Présididente Comité européen Marseille

Cité des associations - 26 mai 2015

www. comiteuropeen.eu

 

 

 

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